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REVUE Asylon(s)

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10. Défaire le cadre national des savoirs

Sous la direction de

Rada Iveković

juillet 2012/juillet 2014

Ce numéro d’Asyon(s) s’intéresse à la possibilité et à la nécessité de dépassement du cadre national de la construction des savoirs. Aussi bien cette possibilité que cette nécessité se présentent avec la condition de globalisation avancée aujourd’hui. La construction nationale des savoirs, bien que toujours officiellement en vigueur et bien puissante, bien que faisant un avec la souveraineté et le projet national, bien qu’héritée de tous, est maintenant au moins en partie dépassée par la transnationalité des mondialisations et par les multiples savoirs issus d’expériences et de politiques non institutionnalisées, de contre-courant ou nécessitant un regard plurifocal et plus large que celui que permet la seule perspective nationale. Dans les failles, les lignes de fuite et dans les revers de la raison de la nation se font jour d’autres connaissances - moins institutionnalisées et moins surveillées, ou arrachées à la vigilance nationale ou étatique - et d’autres manières de les mettre en place et de construire le commun. Il s’agit de surmonter un certain impérialisme théorique historique qui impose la perspective de la nation. Celle-ci repose encore sur des récits civilisationnels et nationaux, essentialise la culture « communautaire » et fabrique l’hégémonie de la domination occidentale du monde. La nation, avec les types de savoirs qu’elle mobilise, fut un élément essentiel de l’entreprise coloniale, produit par elle et la soutenant à son tour. Ce qui n’est pas pour nous faire oublier qu’elle a également désormais un autre rôle dans la transnationalité mondialisée tous azimuts des modèles occidentaux (devenus ainsi « occidentaux ») et de la dernière mouture du capitalisme : ici, la nation dans le cadre du système international des Etats et du système de capitalisme transnational avancé collabore à la mise en place de formes et de contenus des savoirs qui soutiennent le nouveau capitalisme transnational où la souveraineté revient au marché. A cela résistent les savoirs non captés par la raison nationale.

Pour plus de détails sur le déroulement du séminaire dont quelques interventions furent en partie à l’origine de ce numéro, voir le Programme hébergé du même nom, http://www.reseau-terra.eu/article1...