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Villages multi-situés du Fouta-Toro en France : le défi de la transition entre générations de caissiers, lettrés et citadins

Hamidou Dia
Hamidou Dia est doctorant à l’université Paris Descartes, UMR 196 - CEPED. Il est également responsable du projet n°1 du FSP 2003-74.

citation

Hamidou Dia, "Villages multi-situés du Fouta-Toro en France : le défi de la transition entre générations de caissiers, lettrés et citadins ", REVUE Asylon(s), N°3, mars 2008, Migrations et Sénégal., url de référence: http://www.reseau-terra.eu/article713.html

résumé

Les migrants originaires de la région historique du Fouta-Toro développent à leur arrivée en France des formes d’organisation sur la base de leur origine villageoise commune. D’abord regroupés au sein des caisses, ils vont progressivement s’adapter au contexte d’installation en adoptant une structuration associative. Ces organisations se révèlent décisives dans la vie en migration, mais aussi dans les sites d’origine. Cependant, le rôle de ces associations tend à s’éroder sous la conjonction de plusieurs facteurs : retraite ou décès des fondateurs, phénomène d’usure des générations intermédiaires, multiplication des sites de migration et arrivée en France de profils plus urbanisés et plus diplômés mais durement éprouvés par les politiques nationales et les freins à l’émigration internationale.

Introduction


Les migrations internationales à partir du Fouta-Toro prennent de l’ampleur à partir des années 1950. La France est l’une des destinations favorites des “ gens du fleuve ” (Adams, 1977). Ce pays devient pour eux un site d’installation au milieu des années 1970, à la faveur du regroupement familial, mais aussi en réaction à un tournant dans la gestion publique des flux migratoires. Sur tous les sites de migration, qu’il s’agisse de la capitale sénégalaise, des grandes villes africaines, européennes, nord-américaines, voire asiatiques, les ressortissants du Fouta-Toro intègrent toujours un type d’organisation, plus ou moins formalisé (Lavigne-Delville, 1991). En France, la structuration organisationnelle de ces migrants change au fil des années. A leur arrivée sur le sol français, ils forment des “ caisses ” villageoises : il s’agit de se regrouper entre gens originaires d’un même village, département ou région, de cotiser suivant une périodicité variable (deux à trois mois) un montant donné. L’argent ainsi accumulé sert d’assurance face aux risques d’accident, de décès… ou permet l’investissement dans des infrastructures collectives au village : mosquées, puits, dispensaires, etc. (Quiminal, 1991). Au milieu des années 1980, un tournant s’amorce ; il consacre le “ développement ”(Copans, 2006 ; Olivier de Sardan, 1995) comme horizon d’action : les associations s’emploient à monter des projets de demande de financement auprès des institutions publiques et multiplient les partenariats, toutes choses qui nécessitent bien sûr un certain savoir-faire. C’est ainsi qu’elles entrent dans la sphère publique en se déclarant aux administrations ; elles se font alors enregistrer avec un statut de la loi 1901 organisant la vie des associations en France. C’est sur ce registre que ces associations continuent de fonctionner actuellement. De manière générale, l’apport multidimensionnel de ces associations à la vie des espaces d’origine souffre peu de contestation à la fois de la part des pouvoirs publics et d’une frange importante des chercheurs. Cependant elles semblent s’essouffler pour une bonne partie : les fondateurs des caisses qui se sont muées en associations sont à la retraite, rentrés au pays ou décédés. On pouvait penser que l’arrivée de nouveaux profils, plus urbanisés, voire des citadins, plus diplômés (Dewitte, 2005 ; Quiminal et Timera, 2002) donnerait davantage de poids à ces associations et renforcerait leur surface d’actions. Mais une étude de terrain depuis 2003 concernant une demi-douzaine de villages du Nord du Sénégal conduit à une autre conclusion. Les réalisations au pays sont de plus en plus rares ; le calendrier des réunions devient irrégulier ; les associations témoignent de difficultés de communication entre les sites de la diaspora… Comment expliquer le paradoxe de ces associations où fondateurs, ruraux, dans une position de faiblesse et de dominés en situation migratoire capitalisent plus de réalisations que leurs cadets urbanisés, citadins et diplômés ? A partir du cas d’une association, on peut restituer les dynamiques à l’œuvre sur la longue durée qui tiennent à la fois des mutations au sein du pays d’origine et en situation migratoire française. Dans le cadre d’un travail toujours en cours d’ethnographie de six villages, on trouve des dynamiques très similaires. Il reste entendu que d’autres associations de la vallée conservent une grande capacité d’action et de mobilisation, mais elles sont minoritaires.

L’âge d’or des caisses

Les premiers ressortissants du village dont l’association nous sert ici d’exemple arrivent en France au début des années 1960. En l’espace de cinq ans, ils sont une douzaine à Paris. Ils travaillent soit dans la restauration, soit dans la sécurité, comme gardiens, ou encore dans le nettoyage. Ils habitent dans un même foyer pour travailleurs (Timera, 2000 ; Bernardot, 2001). Ils décident de s’organiser au milieu des années 1970 en tirant les leçons d’une expérience malheureuse : les difficultés que les ressortissants d’un village voisin ont eu pour rapatrier le corps d’un des leurs décédé en France. Dans ce cas-ci, les amis et parents ont cotisé pour pouvoir acheminer le défunt au pays. Les migrants du village étudié décident alors de constituer une caisse. Ils en définissent les règles : ils se réunissent chaque mois ; le montant des cotisations est fixé ; l’aîné est choisi de manière consensuelle comme président ; le trésorier l’est également ; personne ne sachant lire et écrire en Français à cette époque, les cahiers sont tenus en Arabe. L’argent ainsi réuni sert davantage au village qu’aux animateurs de la caisse. En période de sécheresse ou de soudure, un montant est prélevé et envoyé au pays. Des demandes peuvent aussi émaner des parents restés au village ; elles sont examinées et des fonds sont décaissés dans la limite des moyens disponibles et des décisions arrêtées par le groupe en migration. En cas de projet conséquent, exigeant des moyens importants, des prélèvements exceptionnels sont envisagés. L’un des fondateurs explique que ces cotisations exceptionnelles ont pu atteindre parfois 3000 FF. Dans ces cas, un échéancier est dressé : les membres ont parfois jusqu’à six à dix mois pour remettre leur contribution. Personne ne songe à déroger à la règle une fois que la décision est arrêtée. Pour les cotisations mensuelles, des pénalités sont prévues : en cas d’absence aux réunions, une délégation mandatée par la caisse se déplace au domicile de la personne pour prendre des nouvelles. En cas de chômage, de difficultés liées aux vicissitudes de la vie, des solutions sont trouvées : la personne est dispensée de cotisation ou de prélèvement exceptionnel. Si elle travaille et qu’elle n’a aucun souci grave, la délégation adresse une mise en garde. Si la personne persiste dans le refus, elle est bannie par la caisse, c’est à dire qu’elle ne peut plus compter sur la solidarité du groupe en cas de problème (accident, maladie, décès, etc.). De plus, quand elle se rend au village, un courrier l’y suit ou précède destiné à être lu publiquement. Il s’en suit que lorsqu’un événement a lieu dans la famille du contrevenant aux normes de la caisse, injonction est faite aux villageois de bouder les cérémonies (baptême, mariage, etc.,), : dans l’économie des normes structurant la vie au village, le boycott d’une manifestation importante est un affront suprême. Dans le village étudié ici, et pour le moment considéré, c’est à dire pendant la période où le regroupement fonctionne sous le mode d’une caisse, seuls deux cas de ce type ont été relevés. A la fin des années 1970, deux membres de la caisse n’ont plus répondu aux réunions bien qu’ils travaillaient, et à la connaissance des fondateurs, ils n’ont pas justifié d’une quelconque difficulté motivant leur attitude. Tous deux partent alors en vacances au pays, avec des projets de mariage. Les membres de la caisse envoient immédiatement un courrier au village pour signaler que les deux personnes en question ne viennent plus aux réunions et ne cotisent plus ; en conséquence le village ne doit pas les aider pour leur mariage comme cela se fait habituellement. Le boycott est suivi par tous les membres du village. Leurs parents sont en larmes et ne comprennent pas que leurs fils ne participent aux activités de la caisse en situation migratoire. L’humiliation touche leurs maisonnées. A leur retour de vacances à Paris, ils ré-intègrent immédiatement la caisse. Les animateurs demandent aux requérants de régulariser les cotisations dues au titre de leur absence délibérée pendant deux ans et demi. De plus, les prélèvements exceptionnels doivent être remboursés suivant un échéancier rigoureux. A partir du moment où ils présentent leurs excuses, ils sont de nouveau admis ; étant entendu que les débiteurs ont de faibles revenus, un moratoire leur est accordé. Ainsi, le mécanisme de contrôle et de sanction a fonctionné et permis de dégager des moyens importants pour les actions.

C’est avec les propres cotisations des membres, en plus des prélèvements exceptionnels au moment d’engager des projets d’envergure que la caisse participé à l’amélioration des conditions de vie au village. C’est ainsi qu’elle y construit une mosquée en 1981 : c’est un symbole de la fraternité qui lie les membres du village et une façon forte pour les migrants de marquer l’attachement à leur terroir, mais aussi à leur religion. Deux ans plus tard, la caisse creuse un puits. Cet ouvrage réduit les aléas liés à une consommation d’eau non potable. De plus, il allège un fardeau pour les femmes obligées de parcourir jusque-là une bonne distance pour se procurer cette ressource rare. En 1985 quatre salles de classes sont construites : les enfants commencent à aller à l’école de façon plus massive et n’ont plus à étudier dans des villages situés à plusieurs kilomètres. En 1986 quatre moulins à mil viennent encore atténuer le travail pénible des femmes qui pilent le mil ou le riz au quotidien. Une case de santé est édifiée en 1987. Les villageois y reçoivent les premiers soins avant d’être acheminés vers de plus grands centres en cas de maladies graves. En 1990, trois auvents sont construits pour permettre à ceux qui sont restés au village de se retrouver après les saisons de travail agricole. Toutes ces réalisations contribuent à changer le visage du village durablement : la scolarisation y devient un élément structurant, la médecine moderne commence à être apprivoisée et incorporée, des progrès sont enregistrés pour ce qui est de la pénibilité des travaux des champs. Dans le même temps, la plupart des fondateurs de la caisse ont construit à titre privé des bâtiments au village, commençant à en transformer l’architecture en réléguant progressivement aux oubliettes les cases et les paillotes, voire les maisons en banco.

On voit que de la fondation jusqu’au seuil des années 1990, l’essentiel des transformations dans le village est tributaire de l’action des émigrés, moyennement appuyés par l’Etat quand il s’agit d’accorder une autorisation ou d’affecter des agents chargés de l’animation des structures construites. Dans cet univers rural sénégalais dévasté, on peut mesurer l’ampleur de la tâche accomplie par les émigrés. Ici, la contribution des caissiers s’est révélée décisive. Plusieurs facteurs expliquent l’efficacité de l’action des caissiers. D’abord, ils ont connu une commune socialisation au village dans le cadre des groupes d’âges ou pelle, puis ont migré quasiment en même temps en ville, à Dakar, où ils ont vécu ensemble dans des chambres. Ils sont arrivés presque au même moment en France et ont habité dans les mêmes foyers. Cet ensemble de souvenirs en partage constitue un terreau favorable à une action en commun. Ensuite, l’ethos de la face, du moins vis-à-vis du village et des familles restés au pays est prégnant chez eux : il ressort nettement des entretiens qu’ils n’ont jamais envisagé de s’installer durablement en France ; ils ont la plupart du temps réfléchi en fonction du village qui est, pour les caissiers, l’espace de référence. Cet ethos de la face les oblige vis-à-vis des familles et du village envers lesquels ils se sentent redevables ; il se renforce par la situation migratoire, du fait des difficultés de communication et de l’habitat en foyer, un espace à part dans la ville. Cette situation d’extériorité sociale dans le pays d’accueil redouble le caractère performatif des dispositifs normatifs de l’imaginaire social des gens du fleuve  : même loin des siens, le migrant doit se conformer aux règles du groupe, c’est à dire “ wonde ko bandum en ngoni ”, “ siftorde caggal mum ”. De plus, le mode de vie à l’économie dans les foyers (mise en commun des ressources et cuisine collective à tour de rôle, partage de chambres pour faire face à la cherté du loyer, distance vis-à-vis des pratiques culturelles dominantes en France comme partir en week-end, aller au cinéma, acheter des disques ou des livres, des journaux) permet d’épargner davantage. Ce complexe de pratiques économiques et financières couplé à une projection presque intégrale vers le village, de même qu’à un appareil référentiel normatif structurant, favorise ces investissements dans l’espace d’origine. Si des conflits, des divergences ont accompagné ce processus, ils n’ont pas été décisifs quant à leurs conséquences sur les projets envisagés au village.

La formalisation de la caisse par une nouvelle génération de migrants

A l’orée des années 1990, la caisse enregistre de nouveaux arrivants. Depuis une décennie, les caissiers quittent les foyers et s’installent avec leurs familles en région parisienne. Ils accueillent ces nouveaux arrivants ou les aident à trouver des chambres dans des foyers. Ils s’impliquent aussi dans leur entreprise d’insertion professionnelle. Ces migrants qui arrivent à la fin des années 1980 sont souvent passés par l’Afrique occidentale (Côte-d’Ivoire) et Centrale (Gabon, Cameroun, Congo, etc.) : ils cumulent donc déjà une grande expérience de la migration (Ba, 1995). Dans cette deuxième grande vague d’arrivants, tous ne sont pas passés par les autres pays africains ; certains sont venus directement de Dakar où ils ont travaillé quelques années. Cette seconde catégorie comporte des profils lettrés (niveau certificat d’études, BFEM, voire baccalauréat). Mais les uns et les autres partagent plusieurs caractéristiques : ils vivent un moment certes dans les foyers à leur arrivée, mais au bout de trois à quatre ans, pour la plupart, ils se marient et s’installent avec leurs familles dans des quartiers des villes de la banlieue parisienne ; à quelques exceptions près, ils ont pratiquement le même âge ; ils ont aussi des représentations assez communes de l’organisation de la caisse.

Plusieurs évolutions sont notées au début des années 1990. Des démarches sont entreprises pour faire reconnaître auprès des autorités l’association. Passée cette étape, de nouvelles idées sont mises sur la table : construction d’un bureau de poste au village (les parents qui sont restés au pays sont obligés de parcourir plusieurs kilomètres pour percevoir leurs mandats ou retirer leurs courriers) ; aménagements de plusieurs hectares pour la culture maraîchère ; construction de salles de classes supplémentaires pour l’école. Le financement de ces projets combine une double approche : les prélèvements exceptionnels et la recherche de financement auprès de collectivités publiques françaises ou de grandes associations humanitaires. L’association adopte le principe de réalisation des projets suivant un calendrier biennal. Le premier et le troisième projets ont été entièrement réalisés, mais le second portant sur la maraîchage n’a pas été mené à son terme : certains trouvent que les prélèvements sont élevés, et qu’il est difficile de faire face aux charges en matière de loyer, de transport, de nourriture non seulement sur le site migratoire en France, mais aussi au village auprès des familles restées ; d’autres ont également des familles à Dakar pour lesquelles ils doivent payer l’électricité, le téléphone, l’eau, en plus de l’alimentation. De plus les financements publics sont difficiles à obtenir : le nombre de demandes est élevé. Leur obtention demande un investissement en temps que ne permet pas à la fois la situation familiale de la plupart des membres (ils vivent avec leur épouse, ont des enfants scolarisés) et leur situation professionnelle (certains travaillent la nuit). La génération des caissiers ne peut pas effectuer ces démarches : certains prennent de l’âge, sont à la retraite, ne savent pas lire et écrire en Français (ce qui ne facilite pas le suivi des dossiers) ; certes ils contribuent financièrement à chaque fois qu’il est question de leur village. Pour les retraités, parmi les fondateurs, un système a été institué : ils ne cotisent plus les mêmes montants que les autres, l’idée répandue étant que la retraite doit aller de pair avec le repos ou en tout cas l’allégement des charges pour ceux qui se sont investis tout au long de leur carrière professionnelle pour le village en partageant leurs revenus soit à titre particulier (auprès de leurs familles) soit à titre collectif (auprès du village). De plus, certains sont repartis au pays après la retraite, et ne participent donc plus à la mobilisation des fonds.

Tout au long des années 1990, seuls deux projets ont donc été réalisés. Par contre, des fonds ont été débloqués pour aider ponctuellement le village pour les fournitures scolaires, pour l’achat de médicaments, etc., mais le rythme de réalisations des années 1980 n’a pas duré. De plus, on constate l’espacement de plus en plus important entre les dates des réunions. L’éclatement spatial des familles en région parisienne ne facilite pas les regroupements. Les absences se multiplient sans qu’on sache pourtant les sanctionner comme auparavant :

“ Les gens racontent maintenant ce qu’ils veulent, on ne peut pas vérifier. Certains disent qu’ils travaillent les week-ends, d’autres la nuit… D’autres disent qu’ils ont des enfants malades… On ne peut plus faire comme avant… On ne peut demander aux gens de prouver pourquoi ils sont absents… Ce sont des réalités d’ici, on n’y peut rien. On ne peut pas… On ne peut pas obliger les gens à venir ”

L’arrivée de profils lettrés en Français favorise l’entrée dans l’espace public du pays de migration : déclaration à la Préfecture, recherche de financements publics, structuration plus claire de l’association. S’ils ont voulu s’inscrire dans la lignée des caissiers par le système des prélèvements exceptionnels, ils n’ont cependant pas pu aller jusqu’au bout de cette logique. En effet, pour qu’ils pussent gardent cette capacité à lever des fonds propres aux membres de l’association, il eût fallu garder le système de pénalité qui lui était consubstantiel. Mais les évolutions au sein de la migration ont eu raison de cette optique : l’adoption du modèle des caissiers n’est possible que s’il y a un partage d’histoires et de références fortes : groupe d’âge, résidence en foyers ou dans des chambres communes (Diop, 1960), expériences de solidarité en migration. Ces profils lettrés animateurs de l’association pendant les années 1990 ont une histoire plus individualisée, moins empreinte de l’esprit collectif, tributaire de leur longue socialisation en ville, parce que certains ont fait des études en milieu urbain (Dakar ou d’autres grandes villes du Sénégal) et connu d’autres réseaux et territoires sociaux (Marie, 1997). La réinsertion dans l’univers villageois en situation migratoire sous le magistère des caissiers dans le cadre associatif fonctionne tant que des différenciations dans les parcours n’interviennent pas. Quand se déroulent des événements décisifs comme la mise en couple, le logement dans un quartier donné plutôt que dans le foyer, le type d’emploi occupé et le temps de travail, la naissance des enfants, etc., le cadre référentiel et d’action fourni par les fondateurs ne tient pas. Au fil du temps, les projets des profils lettrés, notamment, changent et l’accent est davantage mis sur l’inscription spatiale et la mobilité sociale en France, ce qui entraîne une redéfinition des lieux d’investissement en même temps qu’une renégociation de la part prise dans les activités relatives au site originel (du point de vue de la participation financière et du temps accordé à la vie associative). Les contraintes économiques générées par la signification donnée à la migration elle-même portent un coup à la mobilisation pour le village. Il y a surtout investissement dans l’éducation des enfants dans une perspective de mobilité sociale.

Au même moment, des difficultés de renouvellement des ressources humaines par les migrations classiques de travail s’amplifient. Les destinations africaines les plus convoitées perdent de leur attrait : la crise ivoirienne des dernières années ; la gabonisation des emplois (Tall, 2002 ; Bredeloup, 1995 ; Bredeloup, 1996) ; les guerres civiles dans les deux Congo et la crise sénégalo-mauritanienne de 1989 (Vandermotten, 2004 ; Diop, 1994). En même temps d’autres cieux s’offrent à l’horizon des ressortissants du village étudié : l’Europe du Sud (Italie, Espagne), voire l’Amérique du Nord. La diversification des destinations profite aux familles restées au pays par le biais des envois d’argent, mais pénalise l’action collective : les arrivants sur ces nouveaux territoires n’ont pas encore la même structuration qu’en France et donc une faible initiative collective (Dia, 2007). Cette diversification pénalise par conséquent dans un premier temps les actions en direction du village ; elles se font au détriment de l’association francillienne, jusqu’ici première pourvoyeuse de ressources en direction du site d’origine. De ce fait, l’amélioration des conditions de vie de manière générale au niveau des familles restées n’a pas de répercussion au niveau collectif.

Si ce site francilien, principal contributeur financier, ne se renouvelle pas par des migrations à partir du village originel lui-même, il connaît une nouvelle vague, principalement d’origine urbaine, qui partage quelques similitudes avec la précédente, celles de la fin des années 1980. En effet, les nouveaux profils d’arrivants sont nés en ville ou y sont venus très tôt (juste après le concours d’entrée en sixième), sont de plus en plus diplômés. Cette nouvelle situation va entraîner des conséquences pratiques et organisationnelles pour l’association du village en France et sa relation avec le site d’origine.

“ Boys Town ” et “ Bac+5 ” : quelle place dans le village multi-situé  ?

L’association fondée à l’origine par des ruraux ayant certes transité par les villes se renouvelle non pas à partir du village, mais surtout à partir de la ville et de la migration pour études. Cette situation inédite s’est produite à la fin des années 1990 et s’est nettement imposée comme paradigme migratoire aux alentours des années 2000. Poser qu’une migration villageoise opère des mutations à partir de centres urbains et de l’enseignement supérieur peut paraître surprenant. Mais les travaux sur le transnationalisme montrent qu’on ne peut réduire les migrations à la seule relation entre l’espace d’origine et l’espace d’arrivée (Levitt, 2002 ; Portes 1999 ; Portes, 2001). Dès lors de nouvelles catégories doivent permettre d’appréhender des réalités empiriques plus complexes. Dans le cas des migrations à partir de la vallée du fleuve Sénégal, on peut faire le constat d’une production organisationnelle consubstantielle à un déploiement dans l’espace des ressortissants d’un village donné : il y a regroupement sur chaque site d’installation, de transit ou de ré-émigration des originaires (villes de l’intérieur du Sénégal, Dakar, grandes villes africaines, européennes, américaines et asiatiques). Cette organisation peut prendre la forme d’une association ou d’une caisse en fonction des tailles des villages sur tous les sites d’installation. Le village est le dénominateur commun de ces rassemblements ; en conséquence je préfère le concept de “ village multi-situé ” pour rendre compte de certaines formes de migrations à partir du Fouta sénégalais. La référence au site originel ne signifie pas que tous les membres de l’association proviennent nécessairement du village originel lui-même ; le village multi-situé englobe les descendants des migrants sur tous les espaces d’installation (ces descendants peuvent même n’avoir jamais visité le village). C’est en ce sens qu’il faut entendre l’hypothèse du renouvellement à partir des centres urbains. En effet, des fils de migrants originaires de notre village référent mais nés et socialisés pour une bonne partie à Dakar reprennent, une fois arrivés sur les lieux de migration, le schéma classique des voies d’installation sur les territoires migratoires des ressortissants de la vallée du fleuve Sénégal : hébergement par les réseaux de parenté, insertion dans des institutions de socialisation développées sur le lieu d’arrivée. C’est ainsi qu’ils rejoignent l’association du village qui offre l’hospitalité et atténue l’effet de l’extériorité sociale dans un contexte racial, continental, résidentiel et économique fortement différent.

Ces renouvellements à partir d’un centre urbain opèrent sous deux figures : le “ “ Boy Town ” et le “ Bac+5 ”. L’une et l’autre ne s’excluent pas forcément : un Boy Town peut être aussi un Bac+5. Ce dernier est parfois né au village, mais venu très tôt à Dakar, il partage de toute façon beaucoup de similitudes avec le Boy Town. Il y a néanmoins un trait marquant des Boys Town : ils ont tous fréquenté au minimum le lycée. De ce fait, dans le versant francilien de ce village multi-situé, mis à part la génération des caissiers (qui sont tout de même alphabétisés, parce qu’ayant fréquenté l’école coranique pendant leur enfance), tous ont un minimum de bagage scolaire au sens moderne (cela va du certificat d’études au DEA, voire Doctorat). La publicisation de l’association par sa déclaration aux autorités françaises et ses tentatives parfois réussies de décrocher des financements via des collectivités publiques pousserait à poser l’hypothèse d’une possible multiplication des réalisations et de sophistication de l’organisation avec l’arrivée de profils encore plus diplômés et capables de mener toutes sortes de démarches dans un univers bureaucratique. Mais, si des idées ont été émises (construction d’un collège, création d’un centre de métiers pour les jeunes qui ne sont pas qualifiés, aménagement d’un verger pour les femmes du village), les schémas classiques de mobilisation ne fonctionnent plus.

Le détour par les trajectoires de deux figures de Boy Town et de Bac+5 permet de voir les enjeux qui travaillent les nouveaux profils formellement majoritaires dans l’association. Amadou est né à Dakar au milieu des années 1970. Il passe son enfance à la Sicap. Son père, professeur du secondaire l’inscrit dans une école publique réputée. Puis, il fréquente le lycée, et dans les années 1990 l’université de Dakar. Il rate ses études de médecine et s’inscrit de nouveau dans une autre filière, à la faculté des lettres et sciences humaines. Il n’a pas de bourse et ne parvient pas à trouver de chambre sur le campus. Il vit toujours chez ses parents. De plus, les grèves paralysant l’université, il perd une année non validée par les autorités académiques. Lassé par des années d’incertitude, il décide d’arrêter ses études et de passer des concours. Il n’en réussit aucun. Il passe deux années à essayer de trouver des stages grâce à l’aide de son père. Il en fait quelques-uns, sans résultat. Il cherche une inscription dans une université parisienne, l’obtient et arrive en France au début des années 2000. Il est accueilli par un cousin. Très vite, il se rend compte de l’impossibilité à vivre à plusieurs dans un appartement de surface modeste. Il trouve de petits emplois qui le dépannent de temps en temps. Il s’implique aussi dans les activités de l’association du village. Au bout de deux ans, il n’a décroché aucun diplôme et décide vraiment de travailler à temps plein. Il loue un studio dans une petite ville de la banlieue parisienne, se marie en 2005. Il meuble son appartement, achète un ordinateur, se connecte à l’internet et s’inscrit à l’école de conduite. Un an plus tard, sa femme accouche. Il est de moins en moins présent aux réunions de son association. Voici comment il présente les choses :

Je suis fatigué. Ce n’est plus possible… Je travaille tout le temps. Ma femme a repris son travail. On est obligés de se relayer pour garder le bébé. Et puis, ça coûte cher le transport aller/retour pour les réunions. J’aide mon père qui est à la retraite qui prend en charge toute la famille à Dakar. Tu sais que ce n’est pas facile… Les factures, l’alimentation, les événements familiaux, les ordonnances… Ici aussi, je dois faire vivre ma famille. Et puis, je suis fatigué. J’ai trop souffert… pendant des années. J’ai besoin d’un peu de repos. Les réunions, c’est des prises de tête à n’en plus finir, et puis l’argent, ça ne sert à rien. Et puis, on ne peut pas faire comme avant. Moi, je ne vais pas me sacrifier pour envoyer tout… non, non, ce n’est pas possible ”.

Alassane est par contre né au village. Il est inscrit très tôt à l’école élémentaire. Après l’entrée en sixième, il monte à Dakar où il est hébergé par son oncle paternel. Il y passe toutes ses années de collège, de lycée et même une partie de l’enseignement supérieur. C’est muni d’une maîtrise qu’il arrive en France en 2001. Il passe rapidement un DEA, puis un DESS. Il trouve un emploi. Deux ans plus tard, il épouse la fille de l’oncle qui l’hébergeait à Dakar. Parallèlement, il trouve un appartement dans la banlieue parisienne. Il l’équipe, achète une voiture, se connecte aussi à l’internet. Il achète un grand téléviseur pour les matchs de football. Il a un téléphone fixe, un portable et s’est abonné chez un opérateur. Il essaie de se rendre tous les deux ans au Sénégal où réside sa femme :

J’essaie de la faire venir, mais ce n’est pas facile, en tout cas, je suis les procédures administratives… C’est pour ça que j’ai pris l’appartement ”.

Il envoie de l’argent à sa femme chaque mois, ainsi qu’à son oncle à Dakar. Il en envoie aussi à ses propres parents restés au village. Il paie l’école pour une sœur et un frère au collège dans une ville de la vallée du fleuve Sénégal. Il essaie de participer souvent aux réunions du village, mais il résume ainsi sa position :

Je vais te dire la vérité… je viens juste aux réunions pour voir la famille, ça permet de ne pas se fâcher avec beaucoup de gens. Tu en revois certains, et ça te fait du bien. Mais pour réaliser des choses, je n’y crois plus. Moi, je ne peux pas me permettre de cotiser des sommes élevées, même si on me donne des délais. J’ai trop de charges. Je paie des cours d’informatique pour ma femme… J’ai des impôts ici… J’ai les parents au village. J’ai l’oncle en ville. J’ai épousé sa fille, donc je ne peux pas me permettre une certaine légèreté, donc je dois assurer. Il y a des moyens de trouver des financements publics, mais ça suppose d’avoir du temps, je n’en ai pas, je ne peux pas courir de gauche à droite. Je n’ai que les samedis et dimanche, qu’est-ce que je peux faire dans ces cas là ? Voilà, c’est ça le problème ”.

Ces deux profils me semblent représentatifs de la nouvelle génération de membres de l’association. L’organisation perd sa capacité de mobilisation humaine et financière. D’abord, ces profils diplômés de l’enseignement supérieur, après de longues années de “ galère ” aspirent à une sorte de repos, une autonomie qui se manifeste par les stratégies résidentielles qui diffèrent de celle des caissiers par exemple. Cette génération a en effet connu successivement les durs effets des politiques d’ajustement structurel et de la dévaluation du franc CFA ainsi que le durcissement des politiques migratoires des pays du Nord. Malgré leur niveau d’étude relativement élevé, ils ont donc peiné à s’insérer professionnellement et à gagner leur autonomie. De plus ils ont d’autres aspirations de consommation : voiture le plus rapidement possible, nouvelles technologies, régularité des retours au Sénégal, mise en couple. En outre, contrairement aux générations précédentes, ils ont plusieurs lieux d’investissement : d’abord sur le site migratoire, ensuite en ville, et pour certains aussi au village ; on comprend aisément le poids que cela peut représenter dans leurs budgets. Leurs parcours compliqués, le temps qu’ils mettent à gagner leur autonomie économique et financière (Timera, 2002) jouent sur leur engagement collectif et l’énergie qu’ils sont prêts à accorder au village multi-situé. De la même façon, les orientations exclusives de l’association vers le site originel ne rencontrent pas forcément leur assentiment ; les Boys Town pensent aussi que leurs familles, leurs frères à Dakar ont besoin d’être autant aidés que ceux qui vivent au village : les ménages urbains dans certains quartiers de la capitale sénégalaise sont aussi concernés par la pauvreté que le monde rural (Fall, 2007). Sans pour autant cautionner cet état de fait, la génération précédente essaie de “ comprendre ” cette situation et l’accepte. Enfin, s’ils partagent beaucoup de choses, ces jeunes ont peu d’expériences communes ; souvent ils ne se connaissent pas avant d’arriver en situation migratoire internationale. Dès lors, l’association commence à s’essouffler : les caissiers ne sont presque plus actifs ; la génération intermédiaire semble frapper par le phénomène d’usure ; chez les jeunes, des logiques plus individualistes s’affirment.

Conclusion

Les associations villageoises issues des migrations de la vallée du fleuve Sénégal ont joué un rôle important tout à la fois ici et là-bas : d’abord en atténuant les effets de l’altérité en situation migratoire et en offrant un soutien aux membres en difficultés (accident, décès, chômage, etc., ) ; ensuite dans les espaces d’origine par des réalisations ayant contribué à améliorer le quotidien dans un certain nombre de domaines – santé, eau, agriculture (Daum, 1994)… Cependant, l’évolution des formes migratoires, la multiplication des sites de destination et d’installation, de même que les différences générationnelles tendent à désagréger ce paradigme. Socialisés différemment, marqués par des histoires distinctes et travaillés par des intérêts de plus en plus divergents, les migrants ne répondent plus aux ressorts de la mobilisation humaine et financière qui ont fait jusqu’ici le succès des associations des “ gens du fleuve ”. Certes, certaines d’entre elles ont négocié avec succès les changements qui opèrent au sein de leurs territoires d’action respectifs (Kane, 2002), mais la plupart, comme l’association que nous avons présentée ici, peinent à retrouver le souffle donné d’abord par une génération de caissiers, puis par des profils lettrés au sens moderne. La progressive centralité de ces migrants arrivés à la fin des années 1980, que renforce l’arrivée des Boys Town et des Bac+5 donnait à penser la possibilité d’une redynamisation des associations. Au fond, cette évolution pose la question plus importante de la stabilité d’une ressource donnée : certaines économies et zones sahéliennes sont devenues très dépendantes des transferts d’argent (Gubert, 1999) soit par le biais des associations soit à travers les ménages. Or, au sein des cadres collectifs, les moyens financiers commencent à être péniblement mobilisables. De ce fait, les Etats sahéliens sont interpellés dans leur capacité à donner le change et à ré-investir des zones largement à la charge des migrants (Dahou et Foucher, 2004).

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