Le déploiement des outils d’intelligence artificielle suscite en France de légitimes inquiétudes, notamment les IA génératives de type Gemini, ChatGPT… Le capitalisme numérique, fondé sur diverses techniques d’IA (symboliques, connexionnistes…) depuis longtemps, fragilise la démocratie, lamine la vie privée, alimente la désinformation, fragmente les sociétés, concentre les pouvoirs, favorise l’autoritarisme, menace les enfants, détruit des emplois, exacerbe les inégalités, ignore les travailleurs invisibles, consomme des ressources disproportionnées, déstabilise l’enseignement et beaucoup d’autres secteurs...
Exiger un moratoire sur le développement des applications d’intelligence artificielle, comme l’ont fait de nombreux scientifiques, a du sens, et soutenir ces demandes pour qu’elles soient entendues aussi, même si elles sont encore ignorées. Mais certains appellent aujourd’hui au refus de ces techniques dans les universités au nom d’une « objection de conscience » qui ressemble à un réflexe d’inquiétude politiquement et intellectuellement mal orienté.
Laisser ces technologies entre les mains d’oligopoles sans développer la capacité critique de celles et ceux qui n’y ont pas accès, ce n’est pas résister au capitalisme numérique : c’est s’y soumettre. Dans toutes les époques, lorsque l’usage d’un outil fut réservé à ceux qui en avaient le monopole économique — l’imprimerie, la statistique, l’informatique — la conséquence fut la concentration du pouvoir, non sa contestation.
La mission de l’université n’a jamais consisté à ignorer ce qui se passe dans la société, mais à en construire la compréhension critique. Ce principe vaut pour les armes nucléaires, les marchés dérivés, les données biométriques — et il vaut aujourd’hui pour l’IA.
L’université, espace d’enquête et d’expérimentation, peut aussi contribuer à l’invention d’usages sobres, libres et collectifs de ces techniques, en rupture avec les logiques de prédation qui les ont produites.
Nous vivons un fait social : ces outils sont déjà utilisés quotidiennement par un grand nombre de travailleurs, dans le privé comme dans le public, souvent sans formation et sans règles. Ne pas les enseigner, c’est livrer les étudiants au désarroi. Ce n’est pas un acte d’écologie, de rationalité ou d’émancipation : c’est un abandon.
L’objection de conscience face au port des armes impliquait sanctions, prison, service long, refus d’embauche. Celle-ci n’engage aucune conséquence personnelle et exige qu’on laisse les étudiants se débrouiller seuls.
Notre responsabilité universitaire n’est pas d’organiser l’aveuglement, mais d’éclairer le réel. L’esprit critique ne se forme pas en décrétant un tabou, mais en analysant l’objet. Refuser l’IA dans l’université ne l’empêche pas d’exister : cela empêche les citoyens d’y comprendre quelque chose. Et demain, ceux qui maîtriseront ces techniques ne seront ni les collectifs démocratiques ni les syndicats, mais ceux dont les usages servent des intérêts dominants.
On ne lutte pas contre une domination en quittant le terrain sur lequel elle s’exerce. On y entre, on y met des règles, on y forme des intelligences, on y fait apparaître des contre-pouvoirs. Cela ne revient pas à « promouvoir » l’IA, mais à refuser d’en être les spectateurs impuissants.
Le rejet pur et simple laisse intactes les structures capitalistes que l’on prétend combattre. La maîtrise collective — même inquiète, même conflictuelle — par la recherche et la discussion, ouvre la possibilité de la critique et, parfois, de la transformation.
C’est pourquoi l’université n’a pas sa place en terrain interdit, mais au cœur de l’analyse, de la transmission et de la confrontation rationnelle. Nous n’avons pas besoin d’un tabou supplémentaire : nous avons besoin d’un savoir partagé, d’un raisonnement lucide, d’un espace où l’on pense ensemble — y compris ce qui inquiète.
Cette position n’est ni technophile ni naïve : l’IA n’est pas neutre ; laissée hors du champ universitaire, elle demeure sous la maîtrise exclusive des structures capitalistes à critiquer. Il ne s’agit pas d’adopter l’IA mais de la désarmer. Il ne s’agit pas de faire confiance dans la technique mais de faire confiance dans l’intelligence collective pour défendre l’humanité.
Didier Bigo (Science Po Paris / University of Liverpool), Patrick Bruneteaux (CNRS), Arnaud Lechevalier (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Laetitia Della Torre (Docteure de l’Université de Technologie de Compiègne), Jean Frayssinhes (Université de Toulouse Jean-Jaurès), Fabien Guillot (Université de Caen Normandie), Pascal Jollivet (Université de Technologie de Compiègne), Sanae Kasmi (Université Euro-méditerranéenne de Fès) Olivier Le Cour Grandmaison (Université d’Evry-Val-d’Essonne), Yann Moulier Boutang (Université de Technologie de Compiègne) Florent Pasquier (Sorbonne Université) Julien Rossi (Université Vincennes - Saint-Denis) Jérôme Valluy (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Carlo Vercellone ( Université Vincennes - Saint-Denis)
Suivi des débats publics :
9 décembre 2025
Publication du manifeste dans le Club de Mediapart — Texte-source / point de départ public. Le Club de Mediapart republie le manifeste de l’Atécopol. Le texte articule le refus de l’IAg autour de trois ensembles d’arguments — écologiques, sociaux et démocratiques — et transforme des réticences individuelles en engagement collectif public. C’est cette version qui devient l’un des principaux objets de citation dans les reprises ultérieures.
Référence : ATELIER D’ÉCOLOGIE POLITIQUE DE TOULOUSE. « Manifeste pour l’objection de conscience face à l’IA dans l’éducation et la recherche ». Le Club de Mediapart, 9 décembre 2025. URL : https://blogs.mediapart.fr/atelier-...
10 décembre 2025
Relais par Halte au contrôle numérique — Évocation directe / soutien. Le collectif relaie le manifeste dès le lendemain, le présente comme un appel destiné à l’ensemble des enseignants et chercheurs et insiste sur la possibilité de faire jouer un droit d’opposition au déploiement de l’IA générative. Cette reprise contribue à inscrire le manifeste dans les réseaux technocritiques extra-universitaires.
Référence : HALTE AU CONTRÔLE NUMÉRIQUE. « Manifeste pour l’objection de conscience face à l’IA dans l’éducation et la recherche ». 10 décembre 2025. URL : https://halteaucontrolenumerique.fr...
12 décembre 2025
Relais par l’Association française contre l’intelligence artificielle (AFCIA) — Évocation directe / soutien. L’AFCIA présente le manifeste, donne alors un ordre de grandeur du nombre de signataires et renvoie au document de mise en perspective critique des arguments favorables à l’IAg. La reprise montre la circulation très rapide du texte dans les réseaux militants explicitement hostiles à l’IA.
Référence : AFCIA. « Face à l’IA générative, l’objection de conscience dans l’enseignement supérieur et la recherche ». 12 décembre 2025. URL : https://afcia-association.fr/face-a...
17 décembre 2025
Tribune Terra-HN : « Refuser l’IA à l’université, c’est en abandonner le contrôle au capitalisme » — Réponse substantielle / second pôle de la controverse. La tribune prend explicitement le manifeste de l’Atécopol pour interlocuteur. Elle partage une large partie du diagnostic critique sur le capitalisme numérique, mais conteste la stratégie de boycott : refuser l’IA dans l’université laisserait les étudiants seuls face aux outils et abandonnerait la capacité de compréhension, d’expérimentation et de contre-pouvoir à ceux qui contrôlent déjà les infrastructures. C’est le texte qui cristallise le second pôle du débat.
Référence : RÉSEAU TERRA-HN. « Refuser l’IA à l’université, c’est en abandonner le contrôle au capitalisme ». Le Club de Mediapart, 17 décembre 2025. URL : https://blogs.mediapart.fr/reseau-t...
17 décembre 2025
Arthur Perret : « Intelligence artificielle : faire avec ou vivre sans ? » — Discussion directe des deux positions. Dans un billet personnel, Arthur Perret part de la montée des refus d’usage, puis ouvre une section intitulée « L’objection à l’objection » consacrée à la tribune Terra-HN. Le texte est précieux parce qu’il atteste, dès le jour de publication de la réponse Terra-HN, que le manifeste et sa critique sont déjà perçus comme deux options stratégiques à comparer.
Référence : PERRET, Arthur. « Intelligence artificielle : faire avec ou vivre sans ? ». Blog personnel, 17 décembre 2025. URL : https://www.arthurperret.fr/blog/20...
17 décembre 2025
Conseil national de la Nouvelle Résistance : soutien au manifeste — Évocation directe / soutien. Le CNNR déclare s’associer pleinement à l’appel et le republie sous le titre « Objection de conscience face à l’IA générative dans l’enseignement ». Cette occurrence confirme que le manifeste dépasse rapidement le strict champ académique pour devenir une référence militante plus générale.
Référence : CONSEIL NATIONAL DE LA NOUVELLE RÉSISTANCE. « Objection de conscience face à l’IA générative dans l’enseignement ». 17 décembre 2025. URL : https://www.cnnr.fr/objection-de-co...
23 décembre 2025
Mediapart met les deux textes en regard sous le titre « Débat : l’IA à l’université » — Mise en scène éditoriale de la controverse. La une de Mediapart juxtapose explicitement le manifeste de l’Atécopol et la tribune Terra-HN dans une rubrique « Débat : l’IA à l’université ». Ce n’est plus seulement une circulation parallèle : le média donne une forme publique et éditoriale au face-à-face entre les deux positions.
Référence : MEDIAPART. « La Une de Mediapart du 23/12/2025 » — rubrique « Débat : l’IA à l’université ». 23 décembre 2025. URL : https://www.mediapart.fr/journal/un...
Décembre 2025
Grégory Chatonsky : « Se déconnecter ne déconnecte pas l’IA » — Réponse critique substantielle. Chatonsky conteste directement l’objection de conscience de l’Atécopol, qu’il décrit comme une erreur stratégique et philosophique : elle traiterait l’IA comme un ensemble trop homogène et transformerait la lucidité critique en retrait. Son idée centrale — se déconnecter de l’IA ne déconnecte pas l’IA de la société — deviendra l’une des formulations les plus reprises par les critiques du manifeste.
Référence : CHATONSKY, Grégory. « Se déconnecter ne déconnecte pas l’IA / Disconnecting yourself doesn’t disconnect AI ». Décembre 2025. URL : https://chatonsky.net/stopia/
7 janvier 2026
Anthony Masure et Grégory Chatonsky : « L’objection morale abandonne le terrain » — Réponse publique dans la presse numérique. Publié dans le Journal du Net, le texte inscrit le manifeste de l’Atécopol parmi plusieurs appels récents au rejet global de l’IAg. Les auteurs dénoncent une critique « essentialiste » et soutiennent que le retrait abandonne précisément les espaces où pourraient être développées des infrastructures et des usages alternatifs. Cette chronique rapproche fortement leur position de l’argument Terra-HN, même si elle se développe dans un cadre conceptuel propre.
Référence : MASURE, Anthony ; CHATONSKY, Grégory. « L’objection morale abandonne le terrain : plaidoyer pour l’expérimentation de l’IA ». Journal du Net, 7 janvier 2026. URL : https://www.journaldunet.com/intell...
21 janvier 2026
Jérôme Valluy : « Former à l’autonomie intellectuelle à l’ère des machines-IA » — Prolongement argumenté du pôle Terra-HN. Cette étude prolonge le raisonnement pédagogique de la tribune Terra-HN : elle ne reprend pas le débat sous la forme d’une réplique au manifeste, mais renvoie explicitement à la tribune collective et développe la question de la formation à l’autonomie intellectuelle, des usages étudiants, des précautions épistémiques et des modalités d’évaluation. Elle constitue donc un approfondissement interne du second pôle de la controverse.
Référence : VALLUY, Jérôme. « Former à l’autonomie intellectuelle à l’ère des machines-IA. Usages étudiants, précautions épistémiques et enjeux politiques ». Terra-HN éditions, 21 janvier 2026. URL : https://www.reseau-terra.eu/IMG/pdf...
29 janvier 2026
Reprise par le Manifeste international pour un droit universel à la non-connexion/déconnexion — Évocation directe / internationalisation. Le site du Manifeste international pour la non-connexion/déconnexion republie le texte de l’Atécopol. Cette reprise est surtout significative par son cadrage : l’objection de conscience face à l’IA est intégrée à une problématique plus large de droit à la déconnexion et de résistance à la numérisation contrainte.
Référence : MANIFESTE INTERNATIONAL POUR UN DROIT UNIVERSEL CONSTITUTIONNEL À LA NON-CONNEXION/DÉCONNEXION. « Face à l’IA générative, l’objection de conscience ». 29 janvier 2026. URL : https://internationaldisconnectionm...
3 février 2026
Guillaume Carbou : « L’objection de conscience face à l’IA générative est un moyen, pas une fin » — Réponse aux critiques / reprise dialectique. Co-rédacteur du manifeste, Guillaume Carbou répond explicitement aux critiques formulées dans la tribune Terra-HN et dans les textes de Grégory Chatonsky et Anthony Masure. Il précise que l’objection n’est pas conçue comme un retrait définitif du politique mais comme un levier pour rendre visible un refus, ouvrir des discussions et poser la question plus large de la sobriété matérielle de l’université. C’est l’un des textes centraux pour comprendre l’évolution de la position Atécopol après les premières objections.
Référence : CARBOU, Guillaume. « L’objection de conscience face à l’IA Générative est un moyen, pas une fin ». Synth, 3 février 2026. URL : https://synthmedia.fr/edito/tribune...
10 février 2026
LAAS-CNRS : séminaire de discussion sur les IA génératives et l’ESR — Débat universitaire prenant le manifeste comme référence. Le Groupe de réflexion éthique du LAAS-CNRS organise une discussion sur les effets des IAg dans l’enseignement supérieur et la recherche. Le manifeste de l’Atécopol figure explicitement parmi les références préparatoires proposées aux participants. Il s’agit d’un cas net où le texte devient support de délibération interne dans une institution scientifique.
Référence : LAAS-CNRS, Groupe de réflexion éthique. « Discussion sur IA génératives & ESR ». Séminaire du 10 février 2026, annonce publiée le 23 janvier 2026. URL : https://www.laas.fr/en/calendar/dis...
1er mars 2026
Le Monde : « Face à l’IA générative, des enseignants optent pour l’objection de conscience » — Couverture de presse nationale. Le Monde consacre un article au manifeste et à la progression de ses signatures. L’article présente l’objection comme une forme de résistance professionnelle et institutionnelle, rapporte les arguments de Guillaume Carbou et recueille aussi des réactions d’acteurs de l’enseignement supérieur. Cette publication donne au débat une visibilité nationale au-delà des réseaux militants et universitaires.
Référence : LE NEVÉ, Soazig. « Face à l’IA générative, des enseignants optent pour l’objection de conscience ». Le Monde, 1er mars 2026. URL : https://www.lemonde.fr/campus/artic...
17 mars 2026
ObsIA Formation (Aix-Marseille Université) intègre le manifeste à sa veille — Évocation institutionnelle / ressource pédagogique. L’Observatoire de l’IA en formation d’Aix-Marseille Université consacre une notice au manifeste, en résume les trois considérations majeures et signale le document « Oui, mais l’IAg… ». Cette occurrence atteste l’entrée du texte dans les dispositifs institutionnels de veille sur l’IA et la formation.
Référence : OBSIAFORMATION, Aix-Marseille Université. « Face à l’IA générative, l’objection de conscience ». 17 mars 2026. URL : https://observatoire-ia-formation.u...
16 avril 2026
Université de Perpignan Via Domitia : « Pourquoi résister à la diffusion de l’IA générative ? » — Débat universitaire directement fondé sur le manifeste. L’université annonce une conférence avec Guillaume Carbou et Sydney Thomas, signataires engagés du manifeste. L’événement est explicitement construit « autour des arguments présentés dans le manifeste d’objection de conscience » et doit discuter les justifications courantes du déploiement de l’IAg (sobriété, souveraineté, inéluctabilité). C’est un exemple clair de traduction du manifeste en événement de débat local.
Référence : UNIVERSITÉ DE PERPIGNAN VIA DOMITIA. « [Conférence] Pourquoi résister à la diffusion de l’IA générative ? ». 16 avril 2026. URL : https://www.univ-perp.fr/conference...
1er juin 2026
Scientifiques en rébellion : proposition de label « Sans-IAg » pour des formations universitaires — Prolongement militant du pôle du refus. Le collectif propose qu’enseignants et étudiants puissent s’engager, dans certaines formations, à ne pas utiliser l’IAg. Le texte déplace l’objection de conscience vers une forme de signal institutionnel collectif et identifiable. Il ne constitue pas une simple répétition du manifeste : il transforme la logique du refus en proposition de dispositif universitaire.
Référence : SCIENTIFIQUES EN RÉBELLION. « Proposition de label “Sans-IAg” pour des formations universitaires ». Le Club de Mediapart, 1er juin 2026. URL : https://blogs.mediapart.fr/scientif...
5 juin 2026
Grégory Chatonsky republie dans le Club de Mediapart « Se déconnecter ne déconnecte pas l’IA » — Réactivation critique. La critique de Chatonsky est republiée dans le même espace éditorial que les textes de l’Atécopol et Terra-HN. Elle mentionne désormais, outre le manifeste, le projet de label « Sans-IAg » et durcit l’objection : le retrait critique serait une « justification du renoncement » ; il faudrait au contraire maintenir ouverts les espaces d’intervention sur les technologies.
Référence : CHATONSKY, Grégory. « Se déconnecter ne déconnecte pas l’IA ». Le Club de Mediapart, 5 juin 2026. URL : https://blogs.mediapart.fr/gregory-...
6 juin 2026
L’US Mag (SNES-FSU) : entretien avec Marianne Blanchard — Discussion syndicale et universitaire. Dans un dossier « IA et éducation : alerte générale ! », Marianne Blanchard, membre de l’Atécopol, revient sur la genèse du manifeste. Elle insiste sur le fait que l’objectif n’était pas d’afficher une « pureté militante » mais de créer un arrêt, une prise de conscience et une discussion collective. L’entretien reformule donc publiquement le sens de l’objection de conscience en réponse aux critiques de retrait moral.
Référence : SNES-FSU. « IA et éducation : alerte générale ! — Entretien avec Marianne Blanchard ». L’US Mag, n° 871, 6 juin 2026. URL : https://www.snes.edu/wp-content/upl...
18 juin 2026
Université de Montpellier : podcast « IAg : vers une science sans conscience ? » — Débat universitaire / soutien discuté. L’émission de l’Université de Montpellier reçoit trois enseignants-chercheurs signataires du manifeste. Le texte est lu et commenté comme point de départ d’une discussion sur les usages de l’IA générative dans la recherche et l’enseignement. Cette occurrence montre l’appropriation du manifeste dans un dispositif de médiation science-société porté par une université.
Référence : UNIVERSITÉ DE MONTPELLIER. « A l’UM la science [S05-ep20] : IAg : vers une science sans conscience ? ». 18 juin 2026. URL : https://www.umontpellier.fr/article...
18 juin 2026
Atécopol : journée d’étude « Que faire face à l’IA générative dans l’enseignement supérieur et la recherche ? » — Débat académique structuré à partir du manifeste. À l’INSA Toulouse, l’Atécopol organise une journée entière consacrée aux dégâts socio-écologiques, aux effets sur la recherche et l’enseignement et, surtout, aux stratégies possibles face à l’IAg. La dernière séquence met en discussion « Faire avec les IAg dans l’ESR ? » et « Que proposent les signataires du manifeste ? ». Nikos Smyrnaios y défend notamment une critique de l’abandon du terrain aux acteurs qui ont intérêt à promouvoir l’IA, ce qui matérialise le désaccord au sein même d’un événement organisé par les promoteurs du manifeste.
Référence : MAISON DES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES DE TOULOUSE / ATÉCOPOL. « Journée d’étude “Que faire face à l’IA générative dans l’enseignement supérieur et la recherche ?” — jeudi 18 juin 2026 ». Annonce du 16 juin 2026. URL : https://mshs.univ-toulouse.fr/categ... ; vidéo de la séquence de débat : https://www.youtube.com/watch?v=P7B...
18 juin 2026
Atécopol : plaidoyer pour un label « Sans-IAg » — Prolongement et élargissement du refus. L’Atécopol élargit la logique d’objection à l’enseignement, la culture, la recherche, le journalisme et les entreprises. Le label est présenté comme un moyen de rendre visible un engagement de non-usage et de préserver des espaces de production humaine identifiable. Cette initiative nourrit directement les critiques ultérieures de Chatonsky et des auteurs opposés au boycott.
Référence : ATELIER D’ÉCOLOGIE POLITIQUE DE TOULOUSE. « Pour un label Sans-IAg dans l’enseignement, la culture, le journalisme, la recherche ». Le Club de Mediapart, publié le 17 juin pour le lancement du 18 juin 2026. URL : https://blogs.mediapart.fr/atelier-...
30 juin 2026
Campus Matin : « IA à l’université : résister ou s’adapter ? » — Confrontation journalistique explicite de stratégies universitaires. Campus Matin organise un dialogue entre Guillaume Carbou, défenseur de l’objection de conscience, et Olivier Wong, vice-président numérique de l’Université de Rennes engagé dans le développement d’une IA souveraine et éthique pour les universités. L’article déplace la controverse vers des choix institutionnels concrets : encadrement des usages, souveraineté, infrastructures et pédagogie.
Référence : COLLOBERT, Elsa. « IA à l’université : résister ou s’adapter ? ». Campus Matin, 30 juin 2026. URL : https://www.campusmatin.com/numeriq...
5 juillet 2026
Mediapart : « Objection de conscience, pragmatisme ou déni : les universitaires face à la déferlante de l’IA » — Synthèse journalistique majeure de la controverse. Livia Garrigue consacre un article d’analyse à la « bataille stratégique » entre enseignants. Le manifeste y est présenté dans son contexte, la journée Atécopol du 18 juin est racontée, les critiques internes au courant technocritique sont exposées et la tribune Terra-HN est explicitement citée comme l’un des principaux griefs adressés aux objecteurs. À ce stade, la controverse initiale est clairement constituée en objet journalistique autonome.
Référence : GARRIGUE, Livia. « Objection de conscience, pragmatisme ou déni : les universitaires face à la déferlante de l’IA ». Mediapart, 5 juillet 2026. URL : https://www.mediapart.fr/journal/fr...
6 juillet 2026
Pierre Aceituno : « La seule question qui vaille » — Discussion directe des deux textes et tentative de déplacement du débat. Aceituno nomme explicitement « le manifeste d’objection de conscience de l’Atécopol » et « la réplique du réseau Terra-HN », auxquels il ajoute une « voie médiane ». Il estime toutefois que toutes ces positions partagent un même présupposé et propose de déplacer la question de la sauvegarde de l’université vers celle du type de société en formation. Ce texte constitue une troisième lecture explicite du face-à-face initial.
Référence : ACEITUNO, Pierre. « La seule question qui vaille ». Le Club de Mediapart, 6 juillet 2026. URL : https://blogs.mediapart.fr/pierreac...
18 juillet 2026
CREIS-Terminal annonce une journée d’étude dont la conclusion comparera les deux positions — Institutionnalisation explicite de la controverse. Le programme de la journée « IA et enjeux sectoriels, une approche critique », prévue le 9 octobre 2026 au Campus Condorcet, confie à Éric George une conclusion intitulée « Quelle critique pour quelle “intelligence artificielle” ? ». Le texte de présentation résume le manifeste de l’Atécopol puis oppose « d’autres collègues qui se présentent aussi comme critiques » et jugent problématique le boycott de l’IA dans l’enseignement et la recherche. Éric George annonce vouloir comparer ces deux formes de critique et construire sa propre position. C’est l’un des indices les plus nets du passage de la polémique à un objet de réflexion académique explicite.
Référence : CREIS-TERMINAL. « Journée d’étude : “IA et enjeux sectoriels, une approche critique” ». Mise en ligne le 18 juillet 2026 ; journée prévue le 9 octobre 2026, Campus Condorcet. URL : https://www.lecreis.org/?p=3757
29 juillet 2026
Paul Bartali : « Face à l’IA, dépasser l’impuissance » — Prolongement stratégique du pôle anti-boycott. Bartali reprend, dans un registre politique plus large, l’argument selon lequel le refus moral et le boycott constituent une défaite stratégique. Il cite le cas universitaire : face à l’appel de chercheurs toulousains au refus de principe, d’autres universitaires ont rappelé que les étudiants utilisaient déjà ces outils et que les abandonner sans formation critique renforcerait les inégalités. Le texte transpose donc très directement l’argument Terra-HN dans un débat sur la stratégie de la gauche face à l’IA.
Référence : BARTALI, Paul. « Face à l’IA, dépasser l’impuissance ». Le Club de Mediapart, 29 juillet 2026. URL : https://blogs.mediapart.fr/paul-bar...
3 août 2026
Romaric Godin : « La gauche doit-elle céder aux chants des sirènes de l’intelligence artificielle ? » — Réponse au pôle de l’appropriation critique. Romaric Godin répond à des textes récents qui appellent la gauche à « se saisir » de l’IA, notamment celui de Paul Bartali. Sans se limiter au débat universitaire, il réhabilite la stratégie de refus comme choix rationnel contre une technologie façonnée par la logique du capital. Le débat issu du manifeste et de sa réplique s’est ainsi déplacé vers une controverse générale sur les rapports entre technologie, capitalisme et émancipation.
Référence : GODIN, Romaric. « La gauche doit-elle céder aux chants des sirènes de l’intelligence artificielle ? ». Le Club de Mediapart, 3 août 2026. URL : https://blogs.mediapart.fr/romaric-...
7 août 2026
Itopie informatique : reprise suisse du manifeste — Évocation directe / circulation francophone. L’entreprise coopérative suisse Itopie republie et commente favorablement le manifeste, qu’elle présente comme une réflexion particulièrement forte sur les risques sociotechniques de l’IAg. Cette reprise tardive montre que le texte continue à circuler au-delà de la France et du seul espace universitaire.
Référence : CHENAL, Samuel. « Face à l’IA générative, l’objection de conscience ». Itopie informatique, 7 août 2026. URL : https://www.itopie.ch/face-a-lia-ge...
30 août 2026
Christophe Cailleaux et Amélie Hart : « IA et école : résister à la fuite en avant » — Renforcement argumentatif du pôle du refus. Les deux enseignants et militants replacent l’IAg dans une dynamique de contrainte institutionnelle et d’insoutenabilité écologique. Ils renvoient explicitement au manifeste de novembre 2025 et à l’appel du 18 juin pour un label Sans-IAg. Leur texte montre la consolidation d’une ligne de résistance éducative qui assume davantage la rupture avec le discours de l’inéluctabilité technologique.
Référence : CAILLEAUX, Christophe ; HART, Amélie. « IA et école : résister à la fuite en avant ». Le Club de Mediapart, 30 août 2026. URL : https://blogs.mediapart.fr/amelie-h...
2 septembre 2026
Mediapart regroupe plusieurs textes sous « IA : enrayer la défaite stratégique » — Éditorialisation d’une controverse stratégique élargie. La page thématique du Club rassemble des contributions de Nikos Smyrnaios, Pause IA, Amélie Hart, Romaric Godin et Paul Bartali. Le face-à-face initial n’est plus le seul cadre, mais l’opposition entre refus, régulation, appropriation et socialisation de l’IA est désormais assez installée pour faire l’objet d’une rubrique de débat autonome. C’est un bon indicateur de la diffusion publique de la controverse au-delà des deux textes fondateurs.
Référence : MEDIAPART, Le Club. « [Débats] IA : enrayer la défaite stratégique ». Page thématique, 2 septembre 2026. URL : https://blogs.mediapart.fr/archive/...
7 septembre 2026
RTS Première, « L’Université face au raz-de-marée IA : apprendre ou résister ? » — Entretien radiophonique avec Jérôme Valluy. Dans la première partie de l’émission Tout un monde consacrée à ce qu’il reste d’humain dans les études et les métiers face à l’IA, Jérôme Valluy revient sur les bouleversements introduits par les IA génératives dans l’enseignement supérieur. Il défend la nécessité, pour les enseignants, de connaître ces systèmes par un usage approfondi afin de pouvoir en montrer aux étudiants les risques, les limites et les précautions d’usage ; l’entretien évoque également ses expérimentations pédagogiques, notamment l’évaluation de la prise de notes en cours. Cette intervention médiatique prolonge nettement le pôle de l’appropriation critique plutôt que celui de l’objection de conscience.
Référence : RADIO TÉLÉVISION SUISSE (RTS). « L’Université face au raz-de-marée IA : apprendre ou résister ? ». Tout un monde, RTS Première, 7 septembre 2026, dans « Face à l’IA, ce qu’il reste d’humain dans nos études et nos métiers », 20 min 22 s. URL : https://www.rts.ch/audio-podcast/20...

Fil des publications